Des RH au commerce de centre-bourg

Il est des personnalités étonnantes qui nous surprennent, nous émerveillent, nous inspirent, en nous démontrant que tout est possible du moment qu’on en a l’envie. Une tête à la fois pleine de rêves et bien sur les épaules serait donc possible ? C’est l’impression que donne le parcours de Carole Rapin, qui a ouvert, avec succès, une boutique dans une commune de 3 200 habitants. Découverte. 

Une boutique dans une commune de 3 200 habitants ? Oui !

Carole Rapin

Serial entrepreneure

Quel est votre parcours ? 

Après 20 ans en Ressources humaines, Management et Organisation, dont 13 ans en tant que consultante, j’ai ouvert en 2010, à 42 ans, ma boutique multimarque en prêt-à-porter.

Je créais des bijoux depuis 2004, labellisés Métier d’Art.

C’est après avoir exposé en saison d’été à Sallertaine (85), Ville Métiers d’Art, que le projet de commerce est né. Le contact avec le public, le plaisir de la vente ont fait naître cette évidence de disposer d’un lieu à moi, pour y présenter mes bijoux.

Mes critères étaient clairs : je voulais préserver ma qualité de vie et une disponibilité pour ma famille, sans avoir d’embouteillages. Nantes était exclue.

Je voulais également un lieu authentique et charmant.

Je connaissais la commune de Rocheservière, à 14 km de mon domicile, où résident des artistes, artisans d’art et musiciens. La commune y avait un projet de galerie d’exposition des artistes et artisans d’art locaux, qui n’aboutissait pas.

J’ai donc choisi de m’établir à Rocheservière, 3 200 habitants, en considérant que les clients viendraient à moi et non plus moi à eux à travers des marchés ou salons. Cependant vendre uniquement du bijou était inenvisageable. L’idée a donc aussitôt germée de vendre du vêtement, des accessoires de mode et également d’exposer des artistes. Un concept store qui n’en avait pas le nom donc…

Il m’avait été proposé quelques mois auparavant de racheter une boutique de prêt-à-porter, mais ni son prix ni son emplacement (dans un petit centre commercial) ne m’avaient séduite. Je voulais être libre de mon aménagement, de mes horaires, de mes animations. Cette proposition qui m’avait été faite m’avait néanmoins amenée à me pencher sur le textile, sachant que je n’avais jamais travaillé dans ce domaine. Le projet a pris 9 mois pour s’incarner, avec une ouverture au 1er octobre 2010.

De quelles aides avez-vous bénéficié ?

Ayant démissionné de mon poste de salariée, je n’ai pas bénéficié de l’aide de Pôle Emploi pour ce projet. Mais j’ai pu compter sur des partenaires majeurs :

  • La Mairie, à plusieurs titres :
    • Location d’un magnifique relais de diligence du XVIème siècle dans le cœur historique du bourg,
    • Réalisation de travaux de rénovation en vue de mon arrivée,
    • Loyer modéré en 1ère année, puis en 3ème à ma demande,
    • Soutient indéfectible de toutes mes initiatives.
  • Des hommes et des femmes. J’ai la capacité de mobiliser des ressources lorsque c’est nécessaire, des personnes qui croient en mon projet. Je garde tout particulièrement en mémoire :
    • Un consultant de la Fédération Nationale de l’Habillement sur le choix des fournisseurs,
    • Le directeur d’une structure de France Initiatives sur l’évaluation globale du projet et un avis sur le business plan,
    • Une gérante de boutique multimarque qui m’a accueillie ½ journée et m’a transmis des clés sur la gestion des stocks.
  • Une banque qui m’a fait confiance, le Crédit Mutuel, pour un emprunt de 35 000€ cautionné à hauteur de 70% par le Fondes, sans caution supplémentaire.

Avez-vous eu des « surprises » également ? 

Les manques (qui s’évaluent avec le recul…) :

  • Un cabinet comptable qui ne m’a pas consultée ni associée aux décisions initiales (IR ou IS, date de clôture de l’exercice, etc.)
  • La non prise en compte de mon activité pré-existante de créatrice de bijoux, réintégrée dans ma nouvelle SARL, par la banque (crédit relais de tva inadapté) et surtout par l’expert-comptable (manque d’anticipation sur les charges sociales aboutissant à un gros rattrapage de RSI en 2 ème année)

Comment expliquez-vous votre succès ?

Le prévisionnel de la 1ère année a été atteint. Puis la boutique a continué de se développer grâce à un travail conséquent d’animation et de communication. Rappelons que, en terme d’emplacement, on est à l’inverse des critères habituellement choisis (toute petite commune, rue peu passante, pas de vitrine extérieure !).

Une offre originale et qualitative, le conseil aux clientes et le soin apporté à la relation, le service après-vente sont les atouts majeurs de la boutique.

L’année 2015 ayant marqué un palier dans le développement du chiffre d’affaires, j’ai fait réaliser un audit de l’activité de la boutique. La mise en place des actions préconisées a abouti à une croissance du chiffre d’affaires de 20% l’année suivante !

Et à présent ?

En cette fin d’année 2019, 9 ans plus tard, je transmets ma boutique et son ADN, toujours avec le soutien du territoire. 

Je pars sur un nouveau projet entrepreneurial en 2020. Faisant la synthèse de 30 ans de carrière, à mon tour d’accompagner les commerçants de détail dans le développement de leur activité !

Porteur 2 Projets

Conseil auprès des commerces de détail.

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